jeudi 28 janvier 2010

Tessie


Je l'appelais Chien-Chien... mais j'avais tort, c'était une chienne. Momo et Gégé avaient décidé de faire l'acquisition d'un animal. Ils ont pris une option sur une chiotte (la petite d'une chienne) de race husky.

Nous étions attablés dans le jardin, avec mon frangin et ma belle-soeur et nous occupions notre temps à trouver un prénom au cabot. Je me rappelle de Mouf, qui nous a bien fait rire et c'était la moins pitoyable des inventions... Et Momo a préféré quelque chose de plus ordinaire : Jessie... sur je ne sais quelle inspiration. Avec l'usage, ça s'est transformé en Tessie, un prénom qui a duré 12 ans.
Mais je persistais avec Chien-Chien.

Elle est donc arrivée sur quatre pattes, comme il se doit pour ce genre de bestiole... bien que la Minouchette qui avait été livrée quelques mois auparavant évoluait de la même façon alors qu'elle est de la race des deux pattes.
C'était touchant de les voir rampant et bavant sur la plage des Minimes, l'une en train de faire des pâtés de sable, l'autre en train de batifoler de tous les côtés...

Elle était marrante, cette chienne, avec ses taches noires autour des yeux, on aurait dit un raton laveur. Elle vous regardait et j'imaginais qu'elle souriait avec un air à déconner...

Espiègle, elle l'était ! Les parents la laissaient courir sans laisse dans les grands espaces, à la campagne, sur la côte, le long des canaux, dans les bois, dans les salines... Elle détalait à fond de train lorsque je la défiais au sprint, la langue pendante, les oreilles couchées, le râble hérissé, la queue en panache, tous les pistons en action sous sa fourrure... Elle s'en donnait à coeur-joie...

Mais voilà... son instinct de chasseresse intact, elle coursait tout ce qui ressemblait à du gibier... du mouton aux grenouilles, en passant par les veaux, les canards, oies, lapins, ragondins, taupes, mulots etc...

Et on pouvait toujours la rattraper, essayer, tout du moins...
Elle nous voyait nous remuer derrière elle, Momo criait son nom en agitant son bâton de marche et je pataugeais dans la boue en comptant lui mettre la main dessus alors qu'elle plantait ses crocs de loup des neiges dans les cuisseaux de bétail. Elle décidait soudain d'abandonner les bovins à leur panique et de m'attendre, le museau posé sur le sol entre ses pattes, la queue frétillante et le regard en coin, et dès que j'arrivais à une distance critique, elle filait comme une fusée. Elle aurait poussé un grand éclat de rire au même instant que ça ne m'aurait pas étonné.
J'étais furax et elle s'amusait comme une folle, la sale bête !

Elle nous réservait d'autres frayeurs en rayon. Lorsque, petite, elle est tombée dans la Boutonne. J'ai dû faire trempette pour la récupérer. Elle a chuté dans le canal de Rompsay également... sans pouvoir remonter sur la berge. Des pêcheurs à la ligne lui ont porté secours. Pire encore... en chassant une chose à poils et à pattes, elle s'est engouffrée dans un buisson sur la falaise du côté de Lauzière... et elle n'a pas pris suffisamment d'élan pour voler. Elle s'est retrouvée sur la table du vétérinaire cousue de toutes parts.

Momo et Gégé la sortaient tous les jours pour sa promenade. Elle pouvait courir au moins 3 ou 4 heures par jour. Elle se dépensait beaucoup et était gratifiée de toute l'attention qu'un couple de retraités pouvait lui prodiguer. Ce qui permettait d'assurer à l'animal un certain équilibre. Tessie était amicale avec tous les humains, des plus grands aux plus petits et avec ses congénères de tous les pédigrées.

En vieillissant, elle perdait de son énergie, semblait plus fatiguée. S'assagissait par la même occasion. Et puis le véto lui a découvert une tumeur qui nécessitait une euthanasie. Elle a fermé ses yeux entourée de Momo et de Nico.

C'était une compagne chérie par tout le monde.





dimanche 10 janvier 2010

Paresse dominicale.


C' est pas mal Echapées Belles, avec un café quand on se lève en cours d'émission. On se balade via le petit écran par dessus les lagons de l'océan Indien avant d'écouter du blues à Chicago...
Le grand se pointe dans la cuisine pour faire chauffer un chocolat et engouffrer des tartines beurre et miel.
Petitrenaud commence son escapade et la Minouchette choisit ce moment pour entrer avec un sourire et sa robe de chambre fuschia aux revers rose pailletés.
"Bonjour papa, qu'est-ce qu'on fait aujourd'hui ? J'ai fais tous mes devoirs hier.
-Euh..."
Faut dire que le froid engourdit toutes les initiatives. Cette journée semble se présenter de manière aussi enthousiasmante que celle d'hier où nous avons comaté devant des épisodes d'Ally Mac Beal lorsque la Minouchette s'est lassée de plusieurs heures passées sur l'ordinateur.
J'en suis à mon quatrième bol de café, suffisamment de dopant pour lui demander d'apporter ses devoirs afin de les corriger...

Vivement le printemps !

dimanche 8 novembre 2009

Les vieux cons.


Il a claqué la porte du gouvernement d'une France qu'il ne reconnaissait plus en 1969 avant de claquer pour de bon à Colombey-Les-Deux-Eglises l'année d'après. De Gaulle est un vétéran de la guerre 14-18, a conduit une offensive de blindés héroïque en 1940 pour stopper l'avance du plan Manstein, a personnifié la résistance française, organisé le gouvernement provisoire de 44 à 46, a créé la Vème république, a liquidé le problème colonial et mis fin à la guerre d'Algérie... C'est une pointure, un héros, une stature, un kador, un grand. Et pourtant, il s'est ramassé la révolte de mai 68 en pleine tronche, comme une gifle, un désavoeu, un crachat à la face.

Les initiatives individuelles et collectives sont déterminées par l'envergure des développements historiques, des grands mouvements humains. Si ceux-ci ont nécessité provisoirement l'accomplissement d'un homme exceptionnel, leur orientation a ensuite porté l'explosion sociale qui consacrait une rupture avec le passé.

Notre grand échalas du RPF hissait avec ses grands bras des valeurs telles que travail, discipline, rigueur, sacrifice, abnégation et sa vision du bonheur passait d'abord par la grandeur de la France, donc le bien commun, excluant l'individualisme... Le régime de Vichy s'est approprié la devise : "Travail, famille, patrie" valeurs qui, quoi qu'il en soit, existaient dans les esprits un siècle avant (Voir Quéribur 1 et Humeur Matrimoniale sur ce blog) et perdureront après l'occupation, jusqu'à la fin de la décolonisation.
Les conditions de vie s'améliorent dans les années 60 et avec elles, un changement de mentalité. (Voir Quéribur 3 sur ce blog)

J'ai entendu pas mal de récits d'anciens qui relataient des souvenirs de moments conviviaux où des gens se réunissaient sur l'invitation d'un voisin qui avait fait l'acquisition d'une télévision pour regarder les programmes, à l'époque où le petit écran n'était pas à portée de bourse de tout le monde. Mais est-ce si idyllique de voir son intimité envahie régulièrement sans pouvoir foutre les casse-couilles à la porte au risque de passer pour un égoïste ? Et pour les spectateurs d'être redevables au voisin d'offrir cet espace de convivialité ?
Qu'à cela ne tienne... dans les années 70, l'ouvrier peut troquer son vélo contre une voiture, s'acheter un pavillon, et devenir propriétaire d'une télé couleur et même avec la télécommande. L'argent permet de s'affranchir des contraintes relationnelles. C'est confortable.

Et pépé et mémé ? Zou ! En maison de retraite ! C'est vrai, quoi, tout le monde travaille, papa et maman... les enfants vont à l'école et on va pas passer les vacances à torcher le cul des vieux... ça tombe bien, ils ont une retraite et on a de quoi payer le complément pour avoir la paix, on n'est plus OBLIGE de les prendre en charge, il y a des gens qui font ça et qui sont rémunérés. Et tu sais quoi, chéri(e), au cas où tu m'imposes tes rogatons, je t'annonce que le divorce devient à la mode... Sans compter qu'au moment de la soupe, on peut les retrouver tout froids, la goule ouverte, grimaçant la mort avec leur dentier qui se barre de travers... Ah non ! Pas compatible avec une nouvelle ère de bonheur, ça.

Les institutions s'occupent très bien des croulants crapoteux, des éclopés, des qui perdent la boule, des qui crachent leurs poumons. Elles les astiquent très bien. Leur donnent à manger très bien aussi. Et quand ils n'en peuvent plus de s'arquebouter sur leur canne, au lit ! Et moins ils en sortent, moins ils afficheront leur décrépitude au yeux du monde. Il faut bien laisser les jeunes entre eux.

Eh oui, il faut vivre avec son temps. Depuis 68, la société française est devenue saine, innovante, créatrice, ingénieuse, à la mode, dynamique, conquérante, bref : jeune - d'ailleurs elle élit en 1974 le plus jeune président de la république : Giscard qui joue au football. Elle vit sa crise d'adolescence. Elle a envoyé paître le grand sénile au képi et ses principes poussiéreux. On va pouvoir devenir libre et choisir notre destin tout seuls avec nos idéaux à nous. Exit les vieux. On leur pardonne leur inutilité mais pas leur ringardise... ils sont foutus de nous gâcher notre élan avec leurs réprobations, les vieux cons.

Ftz.

mardi 13 octobre 2009

Les Femmes De Stepford, Sois Belle et Tais-Toi, Columbo et le féminisme dans les années 70



Bryan Forbes... c'est un cinéaste. Il a réalisé "Les Femmes de Stepford". Il a dit que c'était un film culte. Bon. Je suis tombé dessus par hasard. Jamais entendu parlé avant. Un film inspiré d'un roman de Ira Levy... le type qui a écrit Rosemary's Baby. Un film qui se veut féministe.

Voyons l'histoire... Les femmes de Stepford sont soumises, font la popote et le ménage à la maison et sautent au paf au moindre frémissement érectile détecté sous la braguette maritale. Les époux Eberhart arrivent en ville. Joanna Eberhart s'étonne d'une telle allégeance des femmes à l'égard des maris. Elle découvre que les hommes font disparaître leur moitié et les remplacent par des automates à leur image. Elle subira le même sort que les autres épouses.

Ce scénario me dérange. Je ne le trouve pas crédible. Il semble dire que les hommes souhaitent décérébrer leurs partenaires pour gagner une esclave et la paix. Quel pourcentage d'hommes désirant construire une vie en commun se satisferait d'une poupée à piles ? d'une potiche sans initiative ? d'un robot à nénés ?

Ce film, sorti en 1975, exprime surtout le désarroi masculin face à une nouvelle donne dans les rôles des genres. C'est à cette époque qu'apparaît le concept de femme objet. Parce qu'avant les années 70 on ne parlait pas de soumission des femmes mais de partage des rôles. Le devoir d'une épouse était de faire marcher le foyer, d'élever les lardons, pendant que le mari était au boulot, occupé à ramener du pognon... ce partenariat fonctionnait pour assurer la pérennité de la famille et la survie des individus.
Contraception, éducation, autonomie financiaire permettent aux femmes d'envisager une autre destinée que celle de mère au foyer (cf Humeur Matrimoniale, texte que vous trouverez sur ce blog). En outre le secteur tertiaire se développe et n'exige pas un cv de travailleur de force.
L'irruption des femmes dans la vie active destabilise les hommes dans leur identité sociale et culturelle, c'est ce malaise qui ressort de cette fiction assez caricaturale écrite et réalisée par des hommes. De là à parler de féminisme...


Toutefois... Le film de Delphine Seyrig, "Sois Belle et Tais-Toi", sort en 1981, il compile une série d'interviews d'actrices françaises et américaines éxécutées les années précédentes. L'une d'elle constate que les scénaristes, dialoguistes, cinéastes n'aiment pas les femmes. La majorité des interlocutrices remarquent que le jeu féminin dans les fictions est réduit à celui de faire-valoir des acteurs mâles. Ceux-ci ont les personnages les plus intéressants alors qu'elles héritent de rôles stéréotypés, superficiels. Si l'homme a été le principal acteur dans la communauté jusque dans les années 70, le cinéma, qui a reflété cette réalité, ne tient pas compte du bouleversement sociétal par la suite. Le monde masculin résiste.


Vous allez le reconnaître : pardessus frippé, vieux tacot français, la tignasse en bataille, le mégot de cigare qui pue accroché aux lèvres... si j'ajoute qu'il dit au suspect à chaque fausse sortie : "...il y a un petit détail qui me chiffonne..." Ben oui, c'est le lieutenant Columbo, incarné par Peter Falk. Vous allez me dire : "Mais qu'est-ce qu'il fout là ?". Faites gaffe, c'est la question que posent tous les criminels qui ont affaire à lui.

Toujours est-il qu'on ne peut pas le taxer de féministe. D'abord il est nippé de vieux, ensuite, il est allergique à la nouveauté et quand il parle de sa femme, on a l'impression qu'il s'agit d'une rombière à bigoudis occupée à mitonner un ragoût. C'est un traditionnaliste. Donc un contraste indispensable pour mettre l'accent sur une décade en pleine mutation.
Rappelez-vous Chaplin, ce clodo huluberlu qui évolue dans le siècle industriel entre les deux guerres. Avec un regard naïf, il confère à son environnement un aspect comique, et finalement la peinture de ses contemporains est d'une grande acuité, à tel point que "Les Temps Modernes", Les Lumières De La Ville" ou "Le Dictateur" peuvent passer pour des documentaires.

Columbo n'est qu'une série de feuilletons s'échelonnant entre 1971 et 1977 qui fonctionne cependant à peu près de la même façon. Qui sont les criminels ? Beaucoup de femmes. Dans "Ramson for a dead man", une épouse tue son mari qui est un avocat plus brillant qu'elle ; dans "Lady in waiting" (désolé, je les ai uniquement en version originale) une jeune femme tue son frère parce qu'il l'étouffe, qu'il ne lui laisse pas prendre une place au sein de l'entreprise familiale et qu'il ne lui laisse pas assumer son destin sentimental ; dans "Old fashioned murder", un autre fratricide : une femme tue son frère parce qu'il veut vendre leur musée ; dans "Make me a perfect murder" une femme tue son amant parce que celui-ci choisit un homme plutôt qu'elle à la tête d'une chaine de télévision pour lui succéder alors qu'elle en a les capacités.

Ces criminelles sont des femmes intelligentes, compétentes, cultivées, dignes, qui doivent se libérer de la domination masculine pour exister. Cela traduit précisément le combat féministe des années 70 où les femmes se battent pour conquérir le droit d'avoir un rôle actif dans la vie politique, économique, sociale et culturelle puisqu'elles en ont les aptitudes.
L'originalité, la fraîcheur de ce feuilleton, qui paraît sans prétention, diffusé et rediffusé sans qu'on se lasse de le regarder, tient au fait qu'il radiographie la réalité du monde occidental en évolution de façon plus efficace que les longs métrages à la même période.

Les séries des Columbo de 1989 à 2003, m'ont parues moins intéressantes du fait qu'elles se sont bornées à exploiter les vieilles ficelles du policier sans enregistrer de témoignages pertinents sur cette période néanmoins peu cruciale au regard des bouleversements des moeurs.

Ftz

mercredi 7 octobre 2009

Quéribur 4. Anticipation.



Soleil Vert, le film de Fleisher, avec Charlton Heston, met en scène un monde qui a épuisé toutes ses richesses naturelles. Ce monde connait une surpopulation, constituée de pauvres mourant de faim. L'état dictatorial encourage les suicides "institutionnels". Des compexes industriels récupèrent les macchabées pour en extraire les nutriments et les revendre sous forme de tablettes appelées "Soleil Vert" pour nourir les gens.

L'occident a développé un système industriel extrèmement efficace pour atteindre ses objectifs : accroitre les richesses, permettre une hausse de niveau de vie pour tous en favorisant une consommation de masse. L'alternance politique a su conjuguer initiative, dynamisme et redistribution des fruits de la croissance de façon plus équitable, soutenant l'émergence d'une classe moyenne importante qui, entre autres choses, assure une stabilité politique et sociale.
Le schéma pourrait être celui-là : exploitation des ressources naturelles, transformation, consommation, accroissement de la population, main d'oeuvre. Le cycle est parfaitement rodé, la machine est très bien huilée et a fonctionné à plein.

Nous savons que les ressources naturelles sont épuisables. Evidemment, lorsque la machine industrielle n'aura plus rien à transformer, on n'aura plus rien à consommer, il ne restera plus que des milliards de ventres vides sans emploi. La valeur d'un individu, au coeur de l'époque contemporaine, étant basée sur son utilité, le cours du kilo de chair humaine risque alors de connaitre une chute vertigineuse. On entrevoit une suite effrayante, la faim favorisant l'agressivité.

Rappelez vous les guerres de religions de la Renaissance. Le XVIème siècle a d'abord connu une embellie avec un dynamisme démographique, agricole, artisanal, commercial, dans des temps de paix en France. Les idées de la réforme prennent leur essor, perturbant l'harmonie religieuse du royaume. En 1561, Catherine de Médicis veut concilier les deux partis lors du colloque de Poissy. Elle songeait à un synchrétisme s'inspirant de la religion anglicane fondée par Henri VIII en Angleterre. Cette tentative échoue et peu de temps après la guerre éclate avec son cortège de massacres.
Cette période coïncide avec une dégradation des conditions météorologiques appelée la petite glaciation rendant les récoltes exangues sur plusieurs années. Des historiens ont parlé de plafond de population... Le déclenchement de la guerre entre protestants et catholiques aurait été une des conséquences des pénuries dues aux grands froids, subies par la trop grande masse des sujets du Royaume.

Une des solutions pour éviter un scénario apocalyptique serait la décroissance. Décroissance de la production et de la démographie. Pas gagné, vu que même les pays en voie de développement fortement peuplés, Inde, Brésil, Chine, se donnent les moyens de se mettre au niveau des pays occidentaux - avec une certaine légitimité : pourquoi n'auraient-ils pas droit eux aussi à leur part de bonheur ? - et de coller à un système qui a fait des miracles durant deux siècles, que nous-mêmes ne sommes pas près d'abandonner.

C'est un système économique qui est par ailleurs en adéquation idéale avec notre instinct animal, celui qui nous pousse à bâffrer plus que les autres et à proliférer. C'est peut-être parce que je ne suis pas forcément de bonne humeur que je considère dans mes mauvais moments que l'humanité est à elle seule une catastrophe écologique, un déséquilibre naturel, quelque chose qui ressemblerait à une colonie de fourmis rouges dévastant tout, engloutissant tout sur son passage.

Le drame, c'est que nous vivons entre nous, les êtres humains, et nous considérons les autres espèces comme inférieures... nous nous sentons donc peu concernés par l'extinction quotidienne de centaines d'entités... Quelle erreur ! Que le moustique disparaisse, et la moitié de l'humanité risque d'être anéantie. La vie d'un bipède vaut peut-être bien celle d'un moustique.

Si vraiment l'être humain se distingue de l'animal par sa raison et sa capacité à faire abstraction de son instinct archaïque, nous pourrons peut-être trouver des solutions pour engager une transition entre notre période industrielle et une autre époque en douceur.

Et si on faisait appel à Dieu ?
Voyons, soyons sérieux. Lorsque qu'une infestation de pucerons grouille sur votre rosier, vous pulvérisez du DDT... Concernant dieu, vaut mieux se faire tout petit, petit, petit... je ne tiens pas à inaugurer sa grande sulfateuse... et c'est pourquoi, messieurs les fanatiques, lorsque vous vous faites péter la gueule dans les cars scolaires, n'oubliez pas de mettre une sourdine, merci.

Ftz

mercredi 30 septembre 2009

Quéribur 3. Mai 68.

Mai 68 pourrait marquer la date d'aboutissement des aspirations des siècles industriels : les individus (occidentaux) connaissent une hausse du niveau ce vie plus importante qu'avant les années 50, ils peuvent être autonomes, on peut se fournir de denrées variées dans les supermarchés, nous sommes en plein dans une société de consommation, on connait le plein emploi, on a accès aux vacances, loisirs, éducation pour tous... Nos arrières grand-parents nous avaient promis le bonheur. Il est là le bonheur. Pourquoi continuer à faire des sacrifices ? On veut en profiter maintenant. Libération sexuelle, mouvements hippies, revendications homosexuelles, féministes, émergence des sectes. La décade qui suit est un véritable laboratoire du bonheur. L'existence confite de devoir vole en éclats et on n'est plus proccupé que de réussir SA vie... assouvir ce bonheur tant espéré, tant promis.

Ftz

Quéribur 2. Sherlock Holmes, une icône.

 
Sherlock Holmes imprègne encore notre inconscient collectif. Il s'imprime en ombre chinoise mentale avec son visage émacié en lame de couteau, son couvre-chef à rabats et sa pipe bavaroise. Il a inspiré nombre d'artistes, dont Maurice Leblanc qui l'a caricaturé, Fisher, Wilder, Herbert Ross, de nombreuses séries télévisées (j'ai un faible pour celles avec Jeremy Brett) et des bandes dessinées, etc...
Conan Doyle a pris modèle sur Dupin, le personnage de Poe et sur son propre professeur de physique pour créer l'archétype de l'enquêteur scientifique, le premier d'une longue série... aujourd'hui on peut apprécier les Experts.
L'auteur a été surpris par le succès de ses nouvelles. Pourtant, il préférait une autre de ses créations, le brigadier Gérard, un soldat napoléonien. Il a tenté de tuer Sherlock Holmes lors d'un duel avec Moriarty mais la pression des lecteurs l'a incité à le réssusciter pour de nouvelles aventures.
Le talent de l'auteur, l'originalité du détective n'explique peut-être pas que l'impact sur ses contemporains ne résonne en traversant tout le XXéme siècle.

Détective ascète, il utilise les ressources scientifiques et technologiques pour résoudre des énigmes, des problèmes, en adoptant un raisonnement cartésien. Ses qualités étaient essentielles pour répondre aux projets des nations aspirant à atteindre une société idéale grâce à la science et la technologie. L'enquêteur étant un amateur, ses compétences pouvaient être imitées par ses contemporains. Ainsi, chacun pouvait se projeter sur ce personnage, homme de son temps, ce qui lui a confèré une grande popularité. Les premières révolutions industrielles ayant soulevé chez les peuples occidentaux une grande foi dans l'avenir, Sherlock Holmes serait un des représentants de la religion du Progrès.

L'ironie de l'histoire : Conan Doyle s'est lancé dans le spiritisme après la première guerre mondiale pour communiquer avec son fils décédé, mort dans les combats. Il évoque cette activité dans une des aventures du professeur Challenger.

Ftz